Clac clac clacC'est le bruit que font tes talons sur le béton de la ruelle. Tu es belle. Tu le sais. Et c'est ça qui fait toute la différence. Mais tu n'en abuses pas.
Un homme t'apostrophe, tu ne te retournes pas, il ne vaut mieux pas. C'est mauvais signe, très mauvais signe ce qui vient de se produire.Tu accélères l'allure, tu trembles un peu, mais pas tant que ça. Soudainement, une lourde main s'abbat sur ton épaule. Tu fais volte face, paniquée.
Tu le vois. Son visage menaçant t'observe. Tu imagines alors tes tas de sénarios différents, tous plus sordides les un que les autres.
Pourquoi t'acoste-t-il ainsi ? Que te veut-il ? Il s'imagine quoi ? Que tu fais le trottoire ?
Si il te demande ça, tu le gifles immédiatement ! Compris ?
Et s'il voulait abuser de toi ? Tu t'affoles à cette pensée, mais tu es pétrifiée sur place, incapabe de bouger, de faire le moindre mouvement et puis il y a sa grosse main puissante qui t'appuie sur l'épaule et qui t'empêche de te dégager.
Si c'était le cas, comment s'enfuir ? Comment riposter ? Tu ne fais pas le poids contre cet individu, il pourrait te briser en deux... si facilement en plus Tu as vu ses bras, on aurait dit qu'il les avait gonflé à l'air, et que si l'on plantait une aiguille dedans, ils allaient se dégonfler. Crier ? Hurler ? Appeler de l'aide, dans ce coin désert ? Il t'étoufferait probablement.
Que faire alors ?
Attendre, c'est tout.
Tu verra bien ce qui va se passer.
Il plisse les yeux. Pourquoi ? Arrêtes de paniquer ! Il t'observe c'est tout. Il est peut-être juste curieux... ? Non, certainement pas, c'est impossible. Il réfléchis au meilleur moyen de te piéger.
Mais tu deviens complètement paranoïaque ma pauvre ! Cesse ça immédiatement ! Il s'apprête à sortir quelque chose de sa poche... Un couteau ? Un revolver ? Pour te tuer ? Pour te menacer et faire en sorte que tu éxécute tous ce qu'il voudra ? Tais-toi imbécile ! Il tien dans sa main un portefeuille. Tu es scandalisée ! Quoi ?! Il voulait te payer ! Te payer pour, pour... Aahgrr !
Tu lui jettes un regard mauvais, remplis de haine.
- M'zelle, commence-t-il de sa grosse voix, j'ai trouvé ça par terre, là-bas, annonce-t-il en montrant du regard cinq mètre plus loin. J'ai pensé que ça pouvait être à vous.
Tu le regardes, stupéfaite, surprise, confuse, honteuse d'avoir pu penser de telles choses ! Tu reconnais ton portefeuille en cuir vernis. C'est bien le tien. Il aurait pu te le voler, ne pas se soucier à qui il appartanait et garder l'argent pour lui. Et au lieu de ça, il essaie de retrouver son propriétaire.
- Oh, oui, c'est à moi.
Il te tend ton bien. Tu le saisis. Tes doigts trembles comme jamais.
- Merci, ajoutes tu. C'est très aimable à vous.